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j'ai testé différents supports : le papier ponce, velours, Ingres, etc. Je trouve ennuyeux de devoir mettre sous verre l'oeuvre pour la protéger car en fonction de l'éclairage le travail perd de sa valeur.
Existe-t-il une solution pour travailler le pastel sur une toile? Dans ce cas, comment fixer le pastel?
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Dans les arts plastiques, le support joue un rôle aussi important que le médium et l'outil. Dans l'art du pastel, le support a un rôle essentiel. |
> J'ai testé différents supports, le papier ponce, velours, Ingres, etc. |
L'expérimentation est la meilleure méthode pour discerner ce qui est compatible avec sa propre sensibilité artistique. Examinons les supports que vous citez et quelques autres. |
Le papier à surface rêche, comme le papier verre ou le "Pastel card", accroche très bien le pigment et permet la superposition de couches de pastel, mais par ailleurs, freine l'expression des nuances, et l'aspect final de l'oeuvre conserve un côté un peu sec. Si ce support retient, il restitue aussi beaucoup de poudre ; ne pas hésiter à le tapoter fermement pour en libérer l'excédent. Eviter la fixation par crainte de la détérioration des fines particules de liège ou autre matériau rugueux appliqués sur le carton de base du support. |
A l'opposé, texture très douce que celle du papier velours. Ce papier recouvert d'un duvet synthétique a une consistance flasque, ce qui induit le bâtonnet de pastel au dérapage. En outre, il capte la poudre de pastel superficiellement dans sa " fourrure " et donc la restitue en abondance ce qui fait perdre de la qualité à la touche. Il n'autorise ni nuances ni détails, et l'oeuvre définitive a un effet artificiel. La fixation risquerait d'endommager le " feutré " du papier et d'accentuer le côté figé de l'oeuvre. |
Le papier Ingres est plus adapté aux fusains et aux craies qu'à la charge du pastel, notamment le papier de grammage léger 125g/m². Excellent pour les esquisses, sa surface vergée confère une architecture discrète et cependant du corps au moindre tracé du dessin. Une telle surface n'est pas utile au pastel car elle sera cachée par la densité de l'opaque poudre veloutée et dans le cas contraire, si la couche de pastel est fine, le vergeures régulières risquent d'être un obstacle linéaire à la magie de la surface pastellée. |
Avez-vous essayé le papier Mi-Teintes de Canson ? Il existe en de nombreux coloris et la texture du papier variant sensiblement en fonction du coloris, ouvre la voie à un vaste champ d'exploration. Le grammage du papier est relativement léger, 160g/m². Cependant on retrouve ce papier Mi-Teintes collé sur carton rigide, matériau destiné en principe à l'encadrement.
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Le papier « Mémoire du pastel » de Sennelier est un papier épais de belle qualité qui mérite son nom car il retient efficacement la moindre trace de craie. La tenue ferme, le contact tactile, l'intensité et la discrétion des coloris encouragent à dialoguer avec la tonalité du papier et à jouer de plages non peintes.
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Le papier aquarelle se prête bien au pastel. Le pastel sur la blanche surface grenue du papier prend des tonalités laiteuses et parfois des effets d'aquarelle. |
Cependant la consistance des couleurs est moins riche que sur un papier coloré. On y remédie en personnalisant la surface du papier aquarelle. La teinter de lavis d'aquarelle, acrylique ou encre, de pigments ou de poudre de pastel dilués à l'eau gommée, la couvrir d'un gesso, base vinylique conçue pour le pastel, y incorporer éventuellement des poudres de marbre ou de nacre pour enrichir la matière, etc. |
On peut aussi travailler sur le papier aquarelle avec le bâtonnet de pastel mouillé ou inversement avec le bâtonnet sec sur le papier mouillé. |
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> Je trouve ennuyeux de devoir mettre sous verre l'oeuvre pour la protéger, car en fonction de l'éclairage le travail perd de sa valeur. |
Mis à part l'archivage à l'abri de l'air et de la lumière, il n'y a qu'une solution pour préserver l'oeuvre au pastel : l'encadrer sous verre. Même si l'oeuvre est fixée, compte tenu qu'une fixation n'est jamais efficace à cent pour cent, et que le support papier est fragile, il est recommandé de protéger sous-verre également les pastels fixés. |
Tous les pastels peuvent être fixés, sauf dans quelques cas d'incompatibilité avec certains supports. Le problème est qu'un pastel perd une partie de sa force d'expression à la fixation, et que le fixatif est sensible au vieillissement. Ce côté évolutif de l'oeuvre cependant peut trouver des adeptes. L'encadrement sous verre, s'il modifie légèrement les tonalités du pastel au regard, en revanche ne lui fait subir aucune altération. |
Probablement qu'en " fonction de l'éclairage le travail perd de sa valeur " mais il la retrouve, il ne l'a pas perdue définitivement ! L'oeuvre est vivante, donc perpétuellement changeante et le fait de la voir " en vitrine " participe de cette vitalité. On prend l'habitude de regarder de façon plus active les oeuvres mues par les reflets du verre. |
C'est aussi la finalité de la poudre du pastel d'être insaisissable, et éphémère comme la poussière. Etaler la poudre de pastel est un acte de création sensuel, mais l'oeuvre une fois créée échappe comme un papillon, dont on ne peut pas toucher les ailes sous peine de les endommager, mais qui demeure une joie pour l'oeil et l'âme. |
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> Existe-t-il une solution pour travailler le pastel sur une toile? Dans ce cas comment fixer le pastel? |
Le pastel se travaille sur tout support non lisse : le papier, le carton, le bois, l'aggloméré, etc. ou tout support au gré de l'imagination préparé avec un enduit rugueux. |
Sur la toile de lin enduite, tendue sur châssis, la poudre de pastel aura quelques difficultés d'ajustement. Elle perd en ductilité et luminosité. Le bâtonnet de pastel est déstabilisé sur la surface toilée. D'un côté il est freiné par le relief de la trame, de l'autre il dérape sur l'enduit qui encolle la toile... La poudre s'incruste dans le textile. Parfois des particules de poudre passent au travers ou forment des amas entre les fibres de la toile. |
Fixer le pastel définitif sur la toile de la même façon que sur papier, à l'aide d'un fixatif Beaux-Arts en aérosol. Pulvériser du fixatif également sous la toile, au verso de l'oeuvre. |
Le pastel peut être travaillé mouillé sur la toile. En séchant les couleurs baissent de tonalité et auront tendance à s'écailler. |
La toile est préparée à l'intention des peintures malléables comme l'huile ou l'acrylique. Les superpositions de couches de pastel sur la toile sont difficiles à obtenir à moins de les fixer au fur et à mesure du travail. |
Pour améliorer l'accroche du pastel sur le support toile, passer par exemple une couche de gesso sur le support avant le travail au pastel. |
Lorsqu'on travaille au pastel sur la toile, l'éventail des possibilités techniques étant assez réduit, il vient souvent à l'idée de peindre directement par dessus la composition au pastel à l'aide de peinture à l'huile. De là à découvrir les potentialités illimitées de la peinture à l'huile, il n'y a qu'un pas ! |
Autre alternative parfaitement adaptée à la toile : le pastel à l'huile. Il se présente sous forme de bâtonnet à la consistance onctueuse. Il a une très bonne accroche, même sur support lisse au demeurant. Technique de création directe comme le pastel sec, les couleurs se manipulent à l'état brut sur le support. Le pastel à l'huile ne tolère pas trop les superpositions de couches, en revanche les couleurs posées en contrastes ont des éclats intenses de céramique. |
On peut aussi le traiter à la manière de la peinture à l'huile, le diluer à l'essence de térébenthine, faire des lavis à l'huile de lin, l'étaler au chiffon. On peut le chauffer et après chauffage le sculpter, l'incruster de pigments, de poudres abrasives, de sable ou autre matériau.
L'oeuvre définitive doit être fixée ou encadrée car le pastel à l'huile étant composé en partie de cire, garde une consistance un peu moite. |
Si vous éprouvez des réticences au papier, et à l'encadrement sous verre, c'est peut-être que vous êtes attirée par des techniques qui ont plus de mordant et de stabilité que le pastel. Votre choix de la toile semblerait le confirmer.
Avez-vous déjà essayé la peinture à l'huile ou l'acrylique ? Avez-vous essayé de peindre à la détrempe, c'est à dire aux pigments détrempés avec un peu d'eau dans laquelle on a ajouté une colle ? Cette technique (qui remonte à l'Egypte ancienne), aux belles tonalités pratiquement inaltérables se rapprocherait le plus du pastel, puisque le bâtonnet de pastel est composé de pigments liés entre eux avec de l'eau gommée. Et ces peintures ne nécessitent ni fixatif ni encadrement sous verre... |
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| Récapitulatif des matériaux cités : |
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Fixatif pour pastels secs "Latour" aérosol 400 ml, Sennelier |
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Papier "Pastel Card" 360g/m2, 50x65 cm, Sennelier |
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Bloc " Ingres/pastel " 25 feuilles, 130g/m2, Clairefontaine |
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Papier " Mi-Teintes ", 160gr/m2, 50x65 cm, Canson |
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Carton passe-partout " Mi-Teintes ", épaisseur 1,5 mm, 60x80 cm, Canson |
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Papier " Mémoire du pastel ", 50x65 cm, Sennelier |
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Papier aquarelle Fontenay, 300g/m2, 56x76 cm, Canson |
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Gomme arabique liquide, flacon 60ml, Sennelier |
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Gesso acrylique pour le pastel, USA, pot de 236 ml, Golden |
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Pastels à l'huile pour artiste, en bâtonnets et en sticks géants 128 mm × 18 mm, Sennelier |
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Essence de térébenthine balsam pure, flacon de 50ml, Lukas |
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Vernis à l'huile de lin, flacon de 50 ml, Lukas |
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Pigments purs en poudre, pots de 175 ml, Sennelier |
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Colle de peau de lapin en grain, sachet de 250 g, Sennelier
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